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Les événements qui ont marqué l’actualité en 2010

A la une en rhumatologie
Mme Norra Berra, secrétaire d’état chargée de la Santé et Mr Xavier Bertrand, Ministre du Travail, de l’Emploi et de la Santé.

Changement de gouvernement, premiers pas des Agences Régionales de Santé, décret sur la télémédecine, déploiement du Développement Profesionnel Continu, inscription de l’éducation thérapeutique dans le parcours de soin… À l’aube de 2011, Profession Rhumatologue revient sur quelques faits marquants de l’année 2010.

D’un gouvernement à l’autre

Le principal événement de l’année 2010 ? Pour le Dr Jean-Philippe Sanchez, rhumatologue libéral à Pau et vice-président de l’Umespe « On pourrait presque dire que c’est le départ de Roselyne Bachelot du ministère de la santé. Les médecins ont clairement manifesté leur ras-le-bol à l’occasion des élections aux URPS (unions régionales des professionnels de santé) qui ont été un désaveu pour Mme Bachelot. Il en a été tenu compte lors du remaniement. Désormais, avec le retour de Xavier Bertrand au ministère, nous avons quelques espoirs. C’est un homme qui bénéficie d’une certaine estime chez les médecins. Lors de son précédent passage au ministère, il a en tout cas prouvé qu’il était un interlocuteur compétent et attentif. Nous espérons qu’avec lui, 2011 sera une année un peu plus fructueuse que 2010 ». 

Le DPC est en marche

« Nous avons assisté cette année à une série d’événements importants sur le DPC (développement professionnel continu) avec notamment la validation du décret en Conseil d’État, qui est aujourd’hui à la signature du gouvernement. Même avec le remaniement et le changement de ministre, il n’y a désormais plus de risque de revenir en arrière », se félicite le Pr Philippe Orcel, président du Collège français des médecins rhumatologues (CFMR) et membre du bureau de la Fédération des spécialités médicales (FSM), institution qui va piloter le DPC. Mis en place par la loi HPST, ce dispositif vise à réunir dans une même démarche la formation médicale continue (FMC) et l’évaluation des pratiques professionnelles qui, jusque-là, fonctionnaient de manière séparée.

En avril, lors de la journée de printemps de la FSM, Roselyne Bachelot a annoncé qu’à partir du 1er janvier 2012, tous les médecins devront participer à un programme annuel ou pluriannuel de DPC. « Le deuxième événement de cette année a été l’officialisation du rôle clé que joueront dans ce dispositif les professionnels de santé à travers les Conseils nationaux professionnels (CNP) et la FSM », explique le Pr Orcel. 

Pour mémoire, on peut rappeler qu’il existe un CNP dans chaque spécialité : pour la rhumatologie, c’est le CFMR qui jouera ce rôle. « Aujourd’hui, notre volonté est de travailler en 2011 pour mettre en place un dispositif qui soit le plus simple et souple possible pour les médecins. Il n’est pas question de bâtir une nouvelle usine à gaz », assure le Pr Orcel, en insistant sur la nécessité de convaincre la profession de l’intérêt de cette démarche auto-évaluative. « Le DPC est avant tout une démarche individuelle. Chaque médecin sera responsable de son auto-évaluation. Nous pourrons mettre à sa disposition des outils, des guides pour l’aider dans sa démarche mais l’objectif est vraiment qu’il s’engage en fonction de ses besoins personnels de formation et d’évaluation », ajoute le Pr Orcel.

Une télémédecine encadrée mais encore quelques incertitudes

« La publication décret sur la télémédecine a été un peu une surprise. Nous attendions plutôt celui sur le DPC », souligne le Dr Jean-Philippe Sanchez. En 2009, la loi Hôpital, patients, santé, territoire (HPST) avait donné une assise législative à la télémédecine, définie comme une « forme de pratique médicale à distance, utilisant les technologies de l’information et de la communication ». Mais tous les professionnels, intéressés par le développement de cette nouvelle forme de médecine, attendaient la publication du décret d’application de la loi HSPT, finalement sorti au Journal Officiel le 21 octobre dernier. Ce décret définit quatre actes de télémédecine : 

1) La téléconsultation, qui a pour objet de permettre à un médecin de donner à distance une consultation à un patient ; 

2) La téléexpertise, qui permet à un médecin de solliciter à distance l’avis d’un ou plusieurs professionnels ; 

3) La télésurveillance médicale qui permet à un médecin d’interpréter à distance les données nécessaires au suivi médical d’un patient et, le cas échéant, de prendre des décisions relatives à la prise en charge de ce patient ;

4) La téléassistance médicale qui permet à un médecin d’assister à distance un autre professionnel au cours de la réalisation d’un acte. 

« Sur le papier, le décret est plutôt bien ficelé. C’est sans doute lié au fait que, pour une fois, le ministère a joué le jeu de la concertation pour sa rédaction, constate le Dr Sanchez. Ce texte a le mérite d’élaborer un cadre réglementaire précis pour ce qui sera une nouvelle forme d’exercice de la médecine à l’avenir. Je pense que, globalement, la profession est plutôt favorable à cette évolution. Mais le problème reste, une fois encore, celui des moyens. Qui va faire quoi ? Et comment rémunère-t-on les actes de télémedecine ? Pour l’instant, on ne peut pas dire que nous avons véritablement des réponses ».

Les premiers pas des Agences ­régionales de santé

Pour le grand public, l’événement est passé plutôt inaperçu. Mais les professionnels de santé savent que l’année 2010 aura marqué un tournant majeur dans l’organisation du système de santé, avec l’installation effective des agences régionales de santé (ARS), ces structures qui ont remplacé les Agences régionales de l’hospitalisation (ARH). Mises en place dans le cadre de la loi Hôpital, patients, santé, territoire (HPST), ces ARS auront pour mission de gérer, au niveau régional, Ã  la fois les problématiques de l’hospitalisation de l’ambulatoire et du médico-social. « Cette régionalisation du pilotage de notre système de santé est un événement important. Et nous devrons, en 2011, être capable de l’appréhender dans tous ses aspects aussi bien opérationnels, stratégiques que politiques. Par exemple, il est impératif que les médecins soient capables de conduire une démarche intelligente en matière de DPC car, sinon, le risque est que les choses nous soient imposées par les ARS », souligne le Pr Orcel.

« Ce modèle régional n’est pas absurde en soi, poursuit-il. Et il serait intéressant, pour la profession de réfléchir à la définition d’un certain nombre de priorités régionales, en nous appuyant sur le tissu local existant, en particulier les fédérations régionales d’associations de rhumatologues. Au sein du CFMR, nous avons d’ailleurs une réflexion sur les formes que pourrait avoir une certaine forme de régionalisation de notre action ».

L’éducation thérapeutique inscrite dans le parcours de soins 

Directrice nationale de l’Association nationale de défense contre l’arthrite rhumatoïde (Andar), Sonia Chirol est une militante convaincue de l’éducation thérapeutique. « C’est une des priorités d’action de notre association », explique-t-elle, en précisant que l’Andar vient de recevoir une subvention de la Direction générale de la santé (DGS) pour développer un important  projet d’éducation thérapeutique (lire pages Faits marquants). C’est en plein cÅ“ur de l’été, le 4 août, qu’ont été publiés les textes d’application de la loi HPST. Désormais inscrite dans le code de santé publique, l’éducation thérapeutique vise à « rendre le patient plus autonome en facilitant son adhésion aux traitements prescrits et en améliorant sa qualité de vie ». Les décrets prévoient les conditions d’autorisation des programmes d’éducation par les agences régionales de santé (ARS), que ces programmes soient menés dans les établissements de santé ou en médecine de ville. « Pour être autorisés, ces programmes doivent être conformes au cahier des charges national, fixé par arrêté, et respecter les compétences requises pour dispenser cette activité », souligne le ministère, en ajoutant que les programmes d’ETP doivent être mis en Å“uvre par une équipe pluridisciplinaire comprenant au moins un médecin. Les associations de malades agréées par le ministère « ont également toute leur place pour coordonner ces programmes ou y intervenir ».

Les décrets précisent que ces programmes sont généralement structurés en trois étapes : un diagnostic ou bilan éducatif pour analyser les besoins des patients et établir des objectifs éducatifs personnalisés ; les séances d’éducation proprement dite qui peuvent prendre des modalités différentes (séances collectives, individuelles…) ; enfin une évaluation de l’atteinte des objectifs éducatifs. « Les promoteurs de programmes d’éducation thérapeutique du patient déjà mis en œuvre avant la publication de la présente loi ont jusqu’au 1er janvier 2011 pour obtenir leur autorisation des ARS compétentes », précise le ministère.

Pour Sonia Chirol, la publication de ces décrets va permettre de faire décoller l’éducation thérapeutique. «  C’est un axe de développement essentiel pour la rhumatologie. Les patients sont très demandeurs. On le voit à chacun de nos congrès. Il y a beaucoup de demande d’information sur ce sujet », indique-t-elle. «  Pour les patients, le but de l’éducation thérapeutique est d’abord d’acquérir une compétence pour mieux gérer leur maladie au quotidien et pour mieux gérer les traitements. Une dimension importante est aussi le partage d’expériences avec le témoignage de patients qui  peuvent aider des personnes confrontées à la même pathologie », souligne Sonia Chirol.

Corticoïdes injectables : une pénurie pas totalement résorbée

Fin 2009, différentes instances de la rhumatologie, en particulier le Syndicat national des médecins rhumatologues (SNMR), avaient alerté le ministère de la Santé face à la rupture de stock de la quasi-totalité des corticoïdes injectables, destinés à traiter localement des affections articulaires, abarticulaires ou rachidiennes. En 2010, ce feuilleton autour des corticoïdes s’est poursuivi. « Le problème n’est toujours pas vraiment réglé. Certes, la situation n’est pas aussi critique qu’elle ne l’était fin 2009. Mais nous sommes toujours confrontés à un problème de disponibilité de ces produits utilisés de façon quotidienne dans les cabinets de rhumatologie », constate le Dr Jean-Philippe Sanchez « Régulièrement, les pharmaciens nous disent qu’ils sont à court de tel ou tel produit. En ce moment, par exemple, il y a une rupture de stock sur le Diprostène® (Schering-Plough). Heureusement, il nous reste un produit très utilisé, l’Altim® (Sanofi-Aventis). Mais il y a toujours une incertitude sur la disponibilité des produits et beaucoup de rhumatologues ont le sentiment d’être souvent sur le fil du rasoir », estime le Dr Sanchez, en ajoutant que les pouvoirs publics n’ont pas « vraiment pris le problème à bras-le-corps ».

DÉCEMBRE 2010
DOSSIER RÉALISÉ PAR ANTOINE DALAT

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Profession rhumatologue

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COMITÉ DE RÉDACTION

Directeur : Pr Philippe Orcel, Paris.
Membres du comité : Pr Claudepierre Pascal, Créteil. Dr Laroche Françoise, Paris. Dr Maheu Emmanuel, Paris. Dr Petit-Perrin Monique, Dijon. Dr Rannou François, Paris.Dr Rolland Denis, Saint-Doulchard. Dr Sanchez Jean-Philippe, Billière-Pau. Dr Tauveron Philippe, Tours.
Président CMPMedica France et Benelux/Directeur de la publication : Dr Gérard Kouchner.
Directeur Pôle Presse et Édition CMPMedica France : Dr Philippe Leduc.
Directeur médical CMPMedica France : Dr Alain Marié.
Directrice marketing CMPMedica France : Sophie Thénot.

L'édito

Christian Marcelli

La nécessité pour notre spécialité d’un référentiel métier n’est pas nouvelle. En 2007 déjà, il s’agissait d’une demande du Conseil National de l’Ordre des Médecins qui n’avait alors pas abouti. En 2010, la Commission...

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