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Être rhumatologue hier, aujourd’hui et demain

Christian Marcelli
Président du Collège Français des Enseignants de Rhumatologie (COFER) Service de rhumatologie, CHU CAEN

La nécessité pour notre spécialité d’un référentiel métier n’est pas nouvelle. En 2007 déjà, il s’agissait d’une demande du Conseil National de l’Ordre des Médecins qui n’avait alors pas abouti. En 2010, la Commission nationale en charge de la gestion de l’internat et du post-internat (CNIPI) a repris à son compte cette demande. Créée par un arrêté le 9 octobre 2009 afin de participer à la mise en œuvre de la loi HPST, la CNIPI a pour mission « de mieux répartir l’offre de soins sur le territoire, dès les études médicales, et apporter ainsi une solution efficace au problème de la démographie médicale » (1).
Le 17 mai 2010, plusieurs membres du COFER ont été auditionnés par la CNIPI et ont fait des propositions de modifications de la maquette du DES de rhumatologie. Le président du groupe de travail de la CNIPI a souligné que ces modifications ne seraient envisagées qu’en accord avec le contenu d’un référentiel métier du rhumatologue, combinant un référentiel de connaissance et de compétence. Le texte devait être remis à la CNIPI à l’automne 2010 afin qu’une modification de la maquette du DES puisse être proposée par la CNIPI au printemps 2011, pour une mise en application à la rentrée universitaire 2011.
Il était évident que pour la rhumatologie, le Collège français des médecins rhumatologues (CFMR) devait être le maître d’œuvre de la rédaction du référentiel car il en représente toutes les composantes. Philippe Orcel, président du CFMR, a donc constitué un groupe de travail qui s’est engagé dans la rédaction du référentiel en se basant sur le modèle du référentiel des spécialités chirurgicales(*).
Si la rhumatologie, et en particulier le COFER, se devait de répondre « en urgence » à la demande de la CNIPI, et si ce document a le mérite d’exister, il convient cependant de considérer ce premier référentiel comme un travail préparatoire. En effet, il ne répond pas véritablement aux exigences d'un véritable référentiel qui devrait être construit selon la méthodologie suivante :
- réalisation d'une enquête exhaustive auprès de rhumatologues hospitaliers et libéraux à propos des pathologies rencontrées et des compétences mises en jeu lors de l'exercice professionnel ;
- réflexion collégiale sur le devenir de notre spécialité, fondée sur les perspectives démographiques (baisse prévue du nombre de rhumatologue et vieillissement de la population) et sur le rôle prévisible du rhumatologue (évolution des pathologies et de leurs traitements) ;
- définition des connaissances à acquérir (établissant le programme théorique du DES) et des compétences requises (définissant la maque⁠tte du DES) pour exercer le métier de rhumatologue.
À nouveau, le CFMR doit être le maître d'œuvre d'un tel projet. C'est également l'opinion de Philippe Orcel et du conseil d'administration du CFMR.

1. Roselyne Bachelot-Narquin, Ministre de la santé et des sports, 2 décembre 2009.
*www.cngof.asso.fr/D_TELE/referentiel_metier_competences_2007.pdf

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